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| Mongolie 2009 : Les steppes "by steps" |
"Tout va plus vite, tout va trop vite."
C'est partant de ce constat, maintes fois entendu et lu dans les médias aujourd'hui, que l'association tia veut explorer la vie et la philosophie d'hommes et de femmes que l'on appelle nomades. Ce dernier terme, qui bien souvent est connoté d'archaïsme, renferme une toute autre réalité. Il apparaît, lorsqu'on fait l'effort de tenter l’expérience, que ce mode d'existence -au sens cartésien du "Je pense, donc je suis."- est emprunt d'une grande modernité.
Notre société traverse une crise. Certes, mais elle n'est pas simplement économique. La remise en cause porte également sur notre société de consommation et de masse. Paradoxalement, si la liberté individuelle est vantée de toutes parts, l'uniformisation et la négation de l'individu n'ont jamais été aussi fortes.
C'est là que commence l'histoire de tia, notre histoire, avec les steppes mongoles : la liberté, notre premier pas. Il ne nous laisse déjà pas indemnes. Ce franchissement nous impose de revoir notre définition du concept de liberté. "Je" redeviens une entité à part entière de ce groupe restreint qui m'accompagne dans ce voyage. Ma liberté est spatiale aussi bien que spirituelle en ce lieu.
Le deuxième pas rapproche l'Homme et l'Animal. Il nous faudra alors caler notre rythme sur l'individu le plus lent du groupe, respecter la mère qui allaite, le mâle à la pâture après la matinée de marche. Ce tempo et ce contact pourront nous reconnecter avec une part ancestrale de nous-même, celle qui nous a fait explorer et habiter le monde en sa totalité.
Troisième pas, qui accompagne le précédent : le changement des sons et des silences. Le silence est bien un luxe pour bon nombre d'entre nous. La respiration de la steppe au gré du vent, ce souffle de la Terre, apaise l'oreille et l'âme. Ce silence n'est pas angoissant. Il prépare au passage du quatrième pas.
Ce quatrième pas relativise de nouveau la place de l'Homme dans l'espace. Le regard, ici, embrasse l'horizon d'un point cardinal à l'autre. Un cavalier, prémisse d'une future rencontre, apparaît à la vue longtemps avant d'avoir franchit la distance qui nous sépare. Cet espace est également intérieur. C'est dans celui-ci qu'apparaît la notion de temps.
Ce dernier pas nous amène à changer notre perception de la temporalité. Le temps de franchissement des distance, le temps de salutation, tout parait infiniment plus long. Pourtant la richesse de ce temps est autre. Observation, réflexion sont favorisées.
Ainsi le nomadisme, absence d'attaches mais pas de racines, présente par tous ces pas -aspects- un attrait nouveau. Cet intérêt s'explique par la résonance des étapes qu'il impose de franchir ou de s'affranchir, avec la crise des valeurs actuelles de notre société et la vampirisation de l'environnement qu'elle provoque. C'est bien pour tout cela que l'association tia va s'y plonger. Rien de tel pour comprendre le monde, que d'être loin du monde !!
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